La stratégie de disruption

Innovation disruptive, technologie disruptive, startup qui disrupte, la disruption, voilà un mot qui risque d’enrichir votre vocabulaire commercial un peu vieillissant. Mais quel est donc ce nouveau buzzword, cette « novlangue » entrepreneuriale, dans le domaine du marketing qui dit qu’il faut absolument être disruptif. Dans disruptif, il y a « rupture », donc rompre avec les anciens modèles pour en créer de nouveaux. La disruption est aujourd’hui moins un problème qu’une opportunité, « un processus positif de destruction créatrice ».  Être disruptif, c’est être pionnier dans son domaine. S’écarter des sentiers battus, sortir des schémas de pensées classiques, s’affranchir des méthodes d’analyse traditionnelles, bousculer l’ordre intellectuel établi, sortir des sentiers battus, emprunter une voie encore jamais explorée, créer un nouvel espace stratégique où la concurrence n’est pas encore présente et créer une nouvelle demande. Bref, renverser la perspective et reconsidérer une problématique de façon originale à partir des fondamentaux. Qu’elle soit symbolique ou majeure, elle permet de casser les codes, déverrouiller des a priori ancestraux, et surtout déclencher une nouvelle manière de voir le monde. Désormais, on n’entendra plus que ça, briser les conventions établies sur un marché au moyen d’une idée créatrice, pour libérer une marque de ses carcans et la repositionner sur son marché.

Pour être disruptif, il faut analyser les freins : d’un marché, d’un modèle, d’un métier, d’une vision, etc et d’en créer des opportunités et se positionnant comme l’inverse du modèle existant.

Apple l’a été dans tous ses produits mis sur le marché. Amazon a également été disruptif. Même Emmanuel Macron s’est emparé du concept, puisqu’il se qualifie comme un « candidat disruptif ». Durant sa campagne, il a relevé les freins des modèles politiques actuels classiques et a intelligemment proposé un nouveau modèle aux français, fatigués du modèle actuel et vieillissant : il a dit je ne veux être ni de droite ni de gauche, il n’a pas de parti mais un mouvement, les autres sont âgés lui jeune, il n’a pas de programme mais des grands projets, il ne veut pas travailler avec des personnes issues du système, etc. Il a voulu contrer les modes habituels et les codes traditionnels de la vie politique pour renouveler, revisiter ce modèle.

Pour être disruptif, il faut avoir une vision de l’avenir, trouver des idées innovantes et les réaliser tout en réussissant à en faire un produit ou service qui deviendra vite incontournable. Voilà pourquoi ce terme est celui de la décennie. Une façon d’innover qui casse tous les codes établis auparavant, qui fait table rase du passé, pour inventer des trucs que personne n’a encore vu ou osé faire. Car tout le monde souhaite devenir cet être disruptif différent des autres qui saura lire l’avenir et prendre le risque pour changer le monde.

D’où le fait que les vrais innovateurs digitaux, en France, se nomment eux-mêmes les « Barbares ». Comme une partie de nos ancêtres venus du froid, qui avaient des casques à pointes et maniaient la hache avec autant de vélocité que les startupers manient le touchpad, les disrupteurs digitaux veulent tout envahir et tout changer.

Par exemple, Uber est un modèle par définition disruptif. Cette startup a pris tous les freins du modèle classique des chauffeurs de taxi pour les bouleverser en proposant une nouvelle approche.

Les freins : le taxi c’est trop cher, trop long en temps d’attente, compliqué pour payer les chauffeurs n’ayant pas de matériel de paiement type carte bancaire, ils sont souvent peu agréables, ils ne proposent pas de service supplémentaire, on ne sait jamais si le chauffeur prend la route la plus courte. Ainsi, Uber a capté tous ces retours clients et en a fait une opportunité. Désormais avec Uber, vous pouvez payer en ligne directement pour le trajet réel effectué, vous pouvez commander votre voiture sans attendre, le chauffeur est sympathique car il est noté et s’il ne l’est pas, il aura une mauvaise appréciation donc ne sera plus commandé, les chauffeurs proposent des services associés (boissons par exemple), etc.

Article rédigé par : Adrien COUSSONNET

By | 2018-05-22T18:05:22+00:00 mai 14th, 2018|Digital, eXpériene client, management, Marketing|0 Comments

About the Author:

Leave A Comment